Partenariat UE/OIM

"La lettre B" l'essentiel de l'actualité économique et financière européenne décryptée

Partenariat UE/OIM

L’UE et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) viennent de lancer une initiative pour la protection des migrants le long des routes migratoires de Méditerranée centrale et leur réinsertion en Afrique.

Le fonds fiduciaire pour l’Afrique de la UE, l’Allemagne, l’Italie et l’OIM ont lancé un projet pour aider les pays africains à faire face aux besoins urgents de protection et aux décès de migrants le long des routes migratoires en Méditerranée centrale et améliorer la gouvernance des migrations. Le nouveau fonds fiduciaire de l’UE et l’initiative de l’OIM, dotés de 100 millions d’euros, couvriront le Sahel, la région du Lac Tchad et les pays voisins, y compris la Libye.

Federica Mogherini a souligné que l’Union européenne a voulu ainsi tenir ses promesses:

“Notre objectif premier est de sauver des vies en mer, de protéger les plus vulnérables, de fournir des solutions alternatives à la migration et, en définitive, d’améiorer la vie des individus. Nous allons continuer sur cette voie.”

Neven Mimica, le commissaire européen pour la coopération internationale et le développement, a rappelé que:

“Les migrants se retrouvent souvent bloqués le long des routes migratoires, incapables d’aller plus loin. Loin de chez eux et sans argent, ils sont confrontés à des choix difficiles pour survivre ou poursuivre leur chemin. Ils sont victimes de réseaux criminels et font l’objet de trafics ou de traites de toutes sortes. La migration n’est pas une affaire de chiffres, mais d’êtres humains.”

Le directeur général de l’OIM, Lacy Swing, a ajouté que:

“L’OIM se réjouit de renforcer son partenariat avec l’UE et avec ses États membres africains dans une vision partagée d’un monde dans lequel les migrants se déplacent par choix et non poussés par le désespoir.”

Frank-Walter Steinmeier, le ministre allemand des affaires étrangères, a rappelé que l’Allemagne a l’intention de contribuer avec 48 millions d’euros au fonds fiduciaire:

“Aucun pays ne peut à lui tout seul s’attaquer aux causes qui poussent les migrants à quitter leur pays. Nous devons donc améliorer la gestion de la migration au niveau européen et au niveau mondial. En collaboration avec l’Union européenne, des États membres de l’UE et l’OIM, nous sommes en train de réunir plusieurs éléments importants pour y parvenir, dans le cadre d’une approche régionale impliquant 14 pays partenaires africains. Notre première priorité reste de dissuader les candidats au départ d’emprunter des routes extrêmement dangereuses et d’assurer aide et protection à ceux qui sont partis.”

L’Italie contribue à l’initiative à hauteur de 22 millions d’euros étant fermement décidée, selon M. Alfano, à inscrire ses actions:

“dans les stratégies européennes qui ont pour but de s’attaquer aux causes premières des flux massifs de migrants. Le fonds de l’UE est un outil fondamental pour faire face à l’urgence de ce défi, dans l’esprit d’un véritable partenariat avec les pays africains, consacré dans la déclaration de La Valette.”

Pendant trois ans, les actions se concentreront sur les aspects suivants:

  • renforcer la protection et l’assistance aux migrants vulnérables et bloqués le long des routes migratoires, afin de répondre aux besoins immédiats en nourriture et en eau, ainsi qu’en soins médicaux et psychosociaux, et de fournir des abris temporaires à environ 60 000 migrants;
  • favoriser les retours volontaires avec de l’assistance pour près de 24.000 migrants de pays de transit ou de destination en Afrique (en particulier la Libye, le Niger et le Mali);
  • parvenir à une réinsertion durable pour près de 24 000 migrants de retour d’Afrique qui bénéficieront de conseils et de soutien à la réinsertion dans leur pays d’origine;
  • améliorer les politiques et les réponses des gouvernements et des parties prenantes à travers la consolidation de la législation, des politiques ou des procédures et le renforcement de l’action des acteurs locaux;
  • donner accès à des informations précises sur la migration, pour réduire les risques inhérents à la migration clandestine, attirer l’attention sur les droits et les devoirs des migrants au sein des communautés d’accueil, et contrer les récits négatifs qui présentent la migration comme une charge ou un danger pour les pays d’accueil;
  • améliorer les données sur les flux, les routes et les tendances migratoires.

L’initiative fait suite à la déclaration politique et au plan d’action de La Valette, comme convenu entre l’UE et les partenaires africains en novembre 2015 et dans le cadre de partenariat avec les pays tiers au titre du programme européen en matière de migration.

Lorenzo Scattini