Transport maritime: Oui a Hapag-Lloyd et UASC

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Transport maritime: Oui a Hapag-Lloyd et UASC

La Commission a autorisé le projet d’acquisition de United Arab Shipping Company («UASC») par Hapag-Lloyd (Allemagne), sous réserve du respect de certaines conditions. Les deux sociétés exercent leurs activités dans le secteur du transport maritime régulier par conteneurs.

UASC est une compagnie de transport maritime mondiale établie au Moyen-Orient qui propose des services de transport de fret conteneurisé au moyen d’une flotte composée d’environ 55 navires porte-conteneurs. Elle est membre du consortium NEU1 (anciennement Pendulum) ainsi que de la compagnie Maritime d’Affrètement – Compagnie Générale Maritime (CMA CGM) et de Hamburg Südamerikanische Dampfschifffahrts-Gesellschaft (Hamburg Süd).

Hapag-Lloyd a une flotte d’environ 170 navires porte-conteneurs. Elle est membre, entre-autres, de l’alliance G6 avec Nippon Yusen Kaisha, Orient Overseas Container Line, American President Lines/Neptune Orient Lines, Hyundai Merchant Marine et Mitsui OSK Lines.

En 2017, Hapag-Lloyd et UASC entendent devenir membres de THE Alliance, qui exercera aussi des activités sur les routes commerciales entre le nord de l’Europe et l’Amérique du Nord.

L’autorisation est subordonnée au retrait d’UASC d’un consortium sur les routes commerciales entre le nord de l’Europe et l’Amérique du Nord, pour lesquelles l’entité issue de la concentration serait soumise à une pression concurrentielle insuffisante.

Margrethe Vestager, Commissaire chargée de la politique de concurrence, a déclaré à ce propos:

«Les entreprises européennes dépendent des services de transport maritime régulier par conteneurs pour leurs expéditions transatlantiques. Il est très important que les marchés restent ouverts. Les engagements proposés garantissent que le rachat n’entraînera pas de hausses de prix.»

L’opération débouche sur une concentration entre deux concurrents du secteur du transport maritime régulier par conteneurs et créera la cinquième plus grande société au monde dans ce secteur.

À l’instar de plusieurs autres transporteurs, UASC et Hapag-Lloyd proposent leurs services sur diverses routes commerciales, principalement dans le cadre d’accords de coopération conclus avec d’autres compagnies de transport maritime qui sont dénommés «consortiums» ou «alliances». Les membres des consortiums et alliances décident conjointement de leurs capacités, de leurs horaires et des ports qu’ils desservent, qui sont autant de facteurs de concurrence importants.

La Commission a examiné les effets de la concentration sur la concurrence sur le marché du transport maritime régulier par conteneurs pour treize routes commerciales reliant, d’une part, l’Europe au continent américain, au Moyen-Orient, au souscontinent indien, à l’Extrême-Orient, à l’Australie, à la Nouvelle-Zélande et à l’Afrique de l’Ouest et, d’autre part, le nord de l’Europe à la Méditerranée.

La DG COMP a estimé que la concentration, telle qu’elle avait été notifiée initialement, aurait créé, pour les routes commerciales reliant le nord de l’Europe et l’Amérique du Nord, des liens entre les consortiums et alliances dont Hapag-Lloyd est membre et le consortium NEU1(anciennement Pendulum), dont UASC est membre.

Par conséquent, l’entité issue de la concentration, par l’intermédiaire des consortiums auxquels elle aurait appartenu, aurait pu influencer les capacités et les prix sur une part très importante de ces marchés, au détriment des clients et, en définitive, des consommateurs. La Commission craignait que, sur ces routes, l’entité issue de la concentration ne soit soumise à une pression concurrentielle insuffisante de la part des entreprises rivales.

Selon les services de la Commission, l’opération crée également des liens verticaux limités entre les activités des entreprises portant sur des services de transport maritime régulier par conteneurs et les services ci-après, fournis par Hapag-Lloyd ou ses actionnaires majoritaires:

  1. les terminaux à conteneurs,
  2. le transport terrestre,
  3. le service d’expédition et
  4. le remorquage portuaire.

La Commission toutefois n’a constaté aucun problème de concurrence dans ces domaines, notamment en raison de la présence de plusieurs autres fournisseurs de services sur ces marchés.

Pour dissiper les craintes en matière de concurrence, Hapag-Lloyd a proposé de mettre fin à la participation d’UASC au consortium NEU1. Cette initiative supprimera intégralement le lien supplémentaire entre les consortiums d’Hapag-Lloyd et d’UASC que l’opération aurait créé sur les routes commerciales entre le nord de l’Europe et l’Amérique du Nord. Par conséquent, la position de l’entité issue de la concentration sur ces routes commerciales sera comparable à celle occupée actuellement par Hapag-Lloyd.

La Commission a donc conclu que l’opération envisagée, telle que modifiée par les mesures correctives proposées, ne poserait plus de problème de concurrence. La décision est subordonnée au respect intégral des engagements contractés.

Lorenzo Scattini