Une reprise économique lente et fragile

"La lettre B" l'essentiel de l'actualité économique et financière européenne décryptée

Une reprise économique lente et fragile

La Commission européenne a publié le 26 février des rapports par pays, consistant en une analyse approfondie des défis sociaux et économiques auxquels sont confrontés les Etats membres.

Eléments clés du semestre européen pour la coordination des politiques économiques, ces rapports ont pour objectif de fournir un état d’avancement des réformes entreprises par les Etats membres, notamment suite aux recommandations de l’anné prééente, et d’identifier le plus en amont possible les défis auxquels les pays concernés devront faire face. Ils servent de base de discussion avec les Etats membres concernant les priorités de leurs programmes nationaux et mènent aux recommandations annuelles de la Commission pour chaque pays.

Certains éléments ressortent de l’analyse des rapports par pays de 2016 : il est attendu que l’Union européenne atteigne une grande partie des objectifs de la stratégie Europe 2020, même si les avancements en matière de l’emploi ne sont actuellement pas en ligne avec ce qui était espéré. Quant à la reprise économique dans l’UE, elle est encore considérée comme étant « lente et fragile », ce qui, selon la Commission, « montre la nécessité d’accélérer les réformes structurelles, d’encourager l’investissement et de renforcer la compétitivité de l’économie. » L’impact négatif de l’environnement international « moins favorable » sur l’économie européenne est également souligné ; dans ce contexte, l’instabilité des marchés financiers et la faiblesse des prix des matières premières sont notamment identifiées comme porteurs des risques.

Pierre Moscovici, Commissaire chargé des affaires économiques et sociales, de la fiscalité et des douanes, a réitéré ces points lors de la présentation des rapports :

« Les rapports présentés aujourd’hui par la Commission donnent l’image la plus précise et la plus détaillée des économies de l’UE. […] Stimuler la croissance et l’emploi reste notre objectif premier. Comme la reprise dans l’UE reste fragile, la Commission encourage les États membres à continuer à réformer leurs économies et à remédier aux déséquilibres macroéconomiques persistants. »

Sur la question des déséquilibres macroéconomiques, la Commission propose l’actualisation du statut de certains Etats membres suite aux progrès observés au cours de la dernière année. Elle indique notamment que plusieurs pays – la Belgique, la Hongrie, la Roumanie et le Royaume-Uni – ne devront plus faire l’objet de la procédure de déséquilibre macroéconomique, une procédure de surveillance et de contrôle visant à déceler à un stade précoce des déséquilibres macroéconomiques et de les corriger. Néanmoins, la situation n’est pas aussi positive pour l’UE dans son entièreté – en effet, des déséquilibres excessifs ont été constatés en France, en Bulgarie, en Italie et au Portugal, entre autres.

Dans le contexte des discussions sur les programmes nationaux, la Commission organisera au mois de mars des réunions bilatérales avec des Etats membres pour discuter des rapports. En même temps, les Commissaires rencontreront des membres des gouvernements, des parlementaires et des partenaires sociaux dans chaque pays. A la suite de ces diverses réunions, les Etats membres devront présenter au mois d’avril leurs programmes de réforme ainsi que leurs programmes de stabilité ou de convergence (en fonction du statut du pays, membre ou non de la zone euro). Enfin, la Commission devrait présenter ses recommandations pour chaque pays à la fin du printemps.

L’objectif des recommandations est d’assurer une amélioration continue de la situation économique de l’UE dans son ensemble, en identifiant les faiblesses de chaque pays dans le but de les traiter avant qu’elles ne constituent de vrais problèmes. Comme les rapports de 2016 le démontrent, il n’est évidemment pas possible d’éviter toute situation d’instabilité ou de déséquilibre ; néanmoins les progrès observés suggèrent que les recommandations de la Commission peuvent pousser des Etats membres à prendre des initiatives positives au niveau national ayant également un effet positif au niveau européen.

Filippo Giuffrida Répaci

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