Etat de l’Union de l’énergie

"La lettre B" l'essentiel de l'actualité économique et financière européenne décryptée

Etat de l’Union de l’énergie

La Commission européenne a publié, le 18 novembre, un premier rapport sur l’état de l’union de l’énergie. Adopté au mois de février, le cadre stratégique pour une union de l’énergie visait à faciliter la transition vers une économie faible en émissions de carbone, sûre et compétitive au travers d’actions dans cinq domaines clés : la sécurité d’approvisionnement, un marché intérieur de l’énergie totalement intégré, l’efficacité énergétique, le climat et la réduction des émissions et la recherche et l’innovation. L’objectif de ce nouveau rapport est d’examiner les progrès déjà accomplis, d’indiquer les actions clés pour l’année à venir et d’en tirer des conclusions pour les politiques à mener aux niveaux régional, national et européen.

De manière générale, la Commission se félicite d’un travail déjà bien lancé, citant quelques actions importantes pour chaque domaine clé, telles que la décarbonisation résultant des mesures liées, en autres, aux échanges de quotas d’émission et à la réalisation de nouveaux investissements ou l’introduction d’outils et d’instruments prenant en compte l’efficacité énergétique comme une source d’énergie à part entière. Des progrès dans la diversification des sources et des voies  ’approvisionnement, ainsi que des fournisseurs d’énergie, sont également soulignés. Il est pourtant évident qu’il reste un travail important pour assurer la mise en oeuvre de l’union de l’énergie telle qu’envisagée. Malgré de nombreux progrès effectués dans le domaine du marché intérieur de l’énergie, par exemple, dans le cadre de l’ouverture des marchés de gros des Etats membres à la concurrence, la Commission note des « différences marquées entre les États membres ».

Quant au marché de gaz, « des écarts de prix marqués persistent et l’intégration du marché reste insuffisante dans l’ensemble de l’UE, notamment en raison des incidences des contrats à long terme et des interconnexions manquantes ».

Ainsi, Miguel Arias Cañete, commissaire pour l’action pour le climat et l’énergie, souligne la nécessité de maintenir la vigueur investie jusqu’à maintenant : « Nous avons avancé à grands pas au cours des derniers mois, mais il faut à présent mener toutes les actions requises à leur terme ». Dans cet objectif, la publication du rapport a été accompagnée par l’adoption de plusieurs initiatives et documents liés au développement de l’union de l’énergie, dont, notamment, la deuxième liste de projets d’intérêt commun à réaliser en priorité, un rapport sur la mise en oeuvre de la directive sur la sûreté nucléaire, un document de travail sur les tendances de la consommation de l’énergie et une consultation publique sur la future révision de la directive sur les énergies renouvelables.

En dépit de la quantité non négligeable de travail restant à faire, un certain optimisme règne. Moins d’un an après l’adoption du cadre stratégique, la liste des progrès effectués est déjà conséquente et la volonté d’amener ce projet jusqu’au bout semble forte. En effet, Maroš Šefčovič, vice-président chargé de l’union de l’énergie, résume la situation ainsi : « Après neuf mois, nous pouvons affirmer sans hésiter que nous sommes en bonne voie pour faire de l’union de l’énergie une réalité. […] En un mot : 2016 sera une année de grandes  éalisations ! » Il reste à voir si la Commission arrivera à maintenir l’enthousiasme et l’intérêt nécessaires pour arriver à une conclusion positive.

Natasha Slater

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